NOTE DE POSITION

Attaques armées contre Kenscoff, 4 – 8 juillet 2026

Unité de Communication et Relations Publiques (UCRP) 

CONTEXTE, LES FAITS :

Dans la nuit du samedi 4 au dimanche 5 juillet 2026, la commune de Kenscoff a de nouveau été prise pour cible par la coalition criminelle Viv Ansanm. Les assaillants ont visé la localité d’Obléon, où se trouve l’ancien site de la compagnie Téléco, occupé par des unités de la Police Nationale d’Haïti (PNH). Les affrontements, déclenchés au cÅ“ur de la nuit, se sont prolongés jusqu’à la mi-journée de dimanche, semant la panique parmi les habitants des localités avoisinantes.

Face à cette offensive, la PNH , appuyée par des éléments de la Task Force déployée en Haïti a tenu ses positions. Selon les informations de presse disponibles à ce jour, l’attaque a été repoussée.

À l’heure de la publication de cette note, aucun bilan officiel des victimes n’a été communiqué par les autorités compétentes. RESPIRE-Haïti prend acte de cette absence de bilan et exige la transparence totale de l’État sur le nombre de morts, de blessés et de déplacés.

La situation continue de se dégrader. Selon les informations remontées du terrain ce mercredi 8 juillet, de nouvelles attaques seraient en cours à Kenscoff : des maisons auraient été incendiées, et les groupes armés bloqueraient et couperaient les routes d’accès à la commune, une manÅ“uvre qui viserait à retarder ou empêcher toute intervention des forces de l’ordre. Ces violences généreraient de nouveaux déplacés, qui s’ajoutent à une population déjà éprouvée.

Rien de tout cela ne sort de nulle part. Kenscoff vit sous la menace quasi ininterrompue des groupes armés depuis janvier 2025 : une vague d’attaques déclenchée le 27 janvier 2025 avait fait, selon le bilan officiel du Bureau Intégré des Nations Unies en Haïti (BINUH), au moins 262 morts et 66 blessés en deux mois, combattants et membres de la population confondus. Depuis, la commune a subi de nouvelles attaques, notamment en février 2026 et le 9 juin 2026 à Belle-Fontaine. Depuis plus d’un an, la population de Kenscoff vit toujours dans la peur.

POSITION OFFICIELLE DU PARTI

RESPIRE-Haïti condamne avec la plus grande fermeté cette nouvelle attaque contre la population et les forces de l’ordre de Kenscoff. Nous saluons le courage des agents de la PNH qui ont repoussé cette offensive et défendu, une fois de plus, un territoire que l’État peine à sécuriser durablement. Nous exprimons notre pleine solidarité avec les familles de Kenscoff, d’Obléon, de Furcy et des localités environnantes, qui vivent depuis plus d’un an sous la menace constante des groupes armés.

Le cas de Kenscoff illustre, à l’échelle d’une seule commune, ce que RESPIRE-Haïti dénonce depuis sa fondation : une Police Nationale insuffisamment dotée en effectifs et en équipement, contrainte de défendre position après position sans jamais pouvoir consolider un contrôle durable du territoire. Repousser une attaque n’est pas gagner la guerre. Sans effectifs, équipement et présence permanente, chaque victoire du soir risque d’être suivie d’une nouvelle attaque demain.

NOS DEMANDES

Une présence permanente, pas seulement réactive : l’État doit installer à Kenscoff une garnison stable et durable, plutôt que de dépêcher des renforts après chaque attaque. Quand les groupes armés coupent eux-mêmes les routes pour retarder l’arrivée de la police, la réponse ne peut plus être seulement réactive : elle doit anticiper. Une position reprise puis abandonnée est une position à reperdre.

Protéger l’axe Kenscoff–Jacmel : cette route est la seule voie alternative sûre reliant la capitale au Grand Sud. Sa sécurisation doit devenir une priorité nationale, non une simple affaire locale.

Transparence sur les bilans : chaque attaque doit faire l’objet, dans les meilleurs délais, d’un bilan officiel vérifiable : morts, blessés, déplacés. Le silence des autorités nourrit la peur et la désinformation.

Accompagnement des familles déplacées : les familles ayant fui Kenscoff depuis 2025 doivent bénéficier d’un accompagnement humanitaire structuré : hébergement temporaire, sécurité alimentaire, scolarisation des enfants déplacés.

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